AMC Matador, la tueuse dans l’arène du NASCAR


Image de amc matador

La Rebel d’American Motors Compagny (AMC) surnommée « The Machine » avec les couleurs françaises est finie de produire en 1970, l’année suivante commence à sortir d’usine sa remplaçante, la Matador. Vite décriée par la chronique d’abord par rapport à son nom de tueuse, elle est aussi considérée dans sa deuxième conception comme l’une des voitures les plus vilaines de sa génération, mais des goûts et des couleurs, chacun trouve son bonheur, il y eut une vraie scission et aujourd’hui une fierté s’empare même de certains collectionneurs. En ce qui concerne ses caractéristiques, la conservation du châssis de l’Ambassador qui a fait sa réputation, déjà préservé sur la Rebel et le relooking de l’avant font partie intégrante du projet. La diversité de la gamme est importante, AMC nous propose en 1971 des modèles 3 portes dont une décapotable en toit rigide ainsi que des breaks et des berlines en 5 portes ; la motorisation est multiple également allant du simple 3,8 l au big block V8 de 6,6 l présentant quelques 6573 cm3. Gage de fiabilité, les possibilités offertes par la Matador et sont coût si modique font des émules : les ventes ne sont pas pour autant prodigieuses : seulement 46000 unités la première année. Pourtant aidées par l’escadre de 500 véhicules commandée par le département de la police le Los Angeles qui permet une publicité de renom. D’autres Etats vont suivre l’exemple en 1972 et équiper leurs administrations, passant à plus de 55000 véhicules vendus cette année mais toujours loin du triomphe d’AMC entre 1958 et 1960 où ils ont écoulés près de 700000 Ramblers et donnait du fil à retordre au Big Three. Néanmoins, le bilan pour le constructeur reste bien plus qu’honorable notamment avec la Gremlin qui permet un large chiffre d’affaires. Côté piste en 1973, Marc Donohue exploite à merveille la matador de l’écurie Penske Racing, domine la première course de l’année dans la NASCAR Winston Cup Series et remporte ainsi son premier titre à la Western 500 dans la Vallée Moreno en Californie. Bobby Allison prend le relais en 1974 et 1975, s’attribuant 4 victoires avec la Matador deuxième génération. Celle-ci présentait pour le public de nouveaux pare-chocs rendus obligatoire par les nouvelles normes en vigueur de l’époque. La double optique avant qui lui conférait un look plaisant est abandonnée, le nez est plus que prononcé surtout sur la berline que dire une péninsule ! Le coupé en variante Oleg Cassini (styliste), la matador X et X-2 et finalement deux autres coupés Barcelona I et II  avec son toit fastback en pente a plus de succès esthétique : 62000 des 100000 Matadors écoulées jusque 1978 sont des coupés même si le confort en pâtit, difficile à caser des adultes à l’arrière. C’est surtout l’aspect des ailes arrière qui est incroyable ; tellement évasées, ces incurvation coutent chères en fabrication ne permettant de gros bénéfices pour AMC. Le choc pétrolier de 1973 a eu raison du big block : le V8 surpuissant est délaissé à partir de 1975, AMC subit des pertes de plus de 20 millions cette année, la saison NASCAR 1976 est catastrophique obligeant le constructeur à se retirer de la compétition. La compagnie perd de son influx sur les Big Three et doit en 1979 céder des actions à Renault pour éviter la banqueroute puis on vivra le rachat par Chrysler en 1987. On gardera une image positive de cette matador dans le James Bond « L’homme au pistolet d’or » où le méchant Scaramanga s’envole à bord générant une sacré référence pour la marque.