Buick Century plus de 40 ans d’existence pour un nom de légende


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Littéralement « siècle » pour cette Buick qui finalement aura fait mentir son nom cependant elle est la rare à détenir une longévité digne d’un grand dauphin. Pour son avènement, nous sommes en 1936 le plus grand constructeur automobile américain Général Motors (Il s’agit de Buick à l’origine qui a racheté  Cadillac et Oldsmobile dès 1908 puis bien d’autres acquisitions par la suite) s’apprête à renommer tous ses modèles Buick. En effet, cette année l’avancée dans la maîtrise de la création et la production est tellement remarquable que cela incite le constructeur à faire évoluer leurs lignées. Ainsi les standards du début des années 30 qui se qualifiaient séries 40-60-80-90 sont devenus respectivement Spécial, Century, Roadmaster et Limited donnant un nouvel éclat aux bolides. La Buick Century est considérée pour sa première génération entre 1936 et 1942 comme la voiture américaine la plus rapide du marché américain ; par comparaison à l’époque sur notre continent la Bugatti type 57G offrait 200 chevaux pour 1150 kg et légitimait des pointes à 210 km/h mais évidemment inabordable niveau financier. La Buick Century propose elle des capacités différentes mais tout aussi impressionnantes : son moteur 8 cylindres en ligne  de 5247 cm3 (16 valves), ses 122 chevaux à 3200 tours/min avec un carburateur Stromberg, son couple impressionnant de plus de 320 Nm pour 3,1m d’empattement du véhicule permettent d’atteindre une vitesse maximale de 160 km/h et pourrait lui conférer le titre de premier muscle-car. Effectivement, l’introduction d’un tel moteur dans une voiture d’empattement plus court et de poids plus léger a fait d’elle une légende et a permis des ventes spectaculaires de la marque : Buick connaît une hausse de 65 % sur une année (plus de 180000 unités sorties de Flint). Les ventes continuent leur ascension en 1937 ; en effet, le design quelque peu évolué avec le gonflement des ailes, la calandre scindée et au niveau motorisation une puissance augmentée, consentent 25% de liquidations supplémentaires. Jusqu’en 1942 la Buick connaît un succès, la chute des ventes aura raison d’elle cette dernière année mais elle sera réintroduite 12 ans plus tard sous une forme bien différente. La deuxième génération en 1954 certes garde le même principe de châssis court avec un big block de 8 cylindres mais le look ravageur des années 50 en fait d’elle une simple merveille. En 1955, le V8 rentre en action (236 ch.) et toutes les années jusque 1958 la puissance est croissante pour atteindre finalement 300 chevaux avec son 6 litres. On retiendra deux modèles particuliers, le plus rare, produit à seulement 270 exemplaires pour la police autoroutière californienne : il s’agit  du 55 Century Model 68 – 2 Doors - TourBack Sedan, la moitié conçue avec la transmission automatique, l’autre manuelle et le modèle le plus populaire la Riviera 2 Doors élaboré à plus de 80000 exemplaires pour un prix modique à l’époque de 2600 dollars. Plus de 730000 Buick sont conçues cette année, la marque impose sa stature jusqu’en 1958 où la Century est retirée de la chaine de Flint, les méventes tiennent leur rôles. La troisième génération apparaît en 1972 ; profitant des chaines de montage communes de Général Motors, la Buick Century dispose d’un châssis identique à ses consœurs Pontiac, Chevrolet ou Oldsmobile. Avec les chocs pétroliers, la puissance est revue à la baisse, mais il n’est pas rare de retrouver quelques big blocks de 7456 cm3 (V8) sur les versions Gran Sport de la marque, qui seront les derniers petits bijoux que les collectionneurs s’arrachent encore aujourd’hui à prix d’or. De 1978 à 2005, trois autres générations se succèderont ; voitures plus modernes, elles font moins rêver de part leur esthétique et les lacunes de performance, les normes en vigueur éclaboussent un peu le nom Century qui demeurera pourtant légendaire.