La Chevrolet Bel Air, l’opulente au look rétro-avant-gardiste


Image de chevrolet bel-air

S’appropriant le nom d’un riche quartier de Los Angeles sur les collines de Santa Monica, la Chevrolet Bel Air est née exactement au milieu du XXème siècle et a suscitée bien des émois pendant une trentaine d’années. 1950, une année phare pour Chevrolet qui remporte la palme du premier constructeur américain sous l’égide de Général Motors : plus d’un million et demi de modèles vendus. La Bel Air, digne successeuse de la Chevrolet Deluxe ravive la nostalgie des années 20 avec le fameux toit rigide (Hard-top) qui à l’époque avait plutôt fait un flop mais qui va en 1950 donner le ton d’un style pour plusieurs décennies. La déclinaison de la vitre à l’arrière en trois parties attribue une particularité au véhicule qui plait énormément. Quatre années durant, la production de la première génération est un véritable triomphe malgré le moteur qui n’a pas subit d’énorme transformation depuis la fin des années 30 ; en effet, le vieux moulin à carburateur monocorps ne développe que 92 chevaux à 3400 tr/min pour ses 6 cylindres en ligne. Le succès s’explique en revanche beaucoup plus par la boite de vitesse automatique Powerglide et la direction assistée à partir de 1953 facilitant grandement la conduite. En même temps que la Beat Generation avec notamment Jack Kerouac enrichit le mythe américain de son mouvement artistique, la deuxième dynastie de Bel Air faisant office de 1955 à 1957, fait évoluer aussi radicalement les mœurs. Sa dénomination prend tout son sens, la Chevrolet devient clinquante. Des chromes à profusion (bordures de toit, des piques sur les flancs, ornements de roues), un lettrage or pour Bel Air et une possibilité de motorisation en V8 sont ses nouveaux attributs la rendant luxueuse.  Elle montre également à sa manière la révolution en marche et ouvre des perspectives sexy et sportive. Le modèle 1957 avec son V8 de 4,6 litres propose à cette Chevy 283 chevaux à 6200 tr/min et seulement une poignée existe cette injection fuel Rochester qui promet un taux de compression volumétrique de 10,5 :1. On reste dans les petits moteurs mais Chevrolet se targuait de fournir un cheval par pouce cube de volume moteur (283 cubic inch). Un millésime particulier en 1958 qui s’octroie le big block de plus de 5700 cm3 et change de silhouette lui valant une nouvelle filiation. La Chevy s’offre une double optique de chaque côté du nouveau radiateur avec ses grilles moins imposantes. Et de nouveau un relooking pour les années 1959 et 1960, cette quatrième génération ne peut pas laisser insensible : entre les moulures latérales, les inserts de peinture et les lignes complètement déstructurées à l’arrière, le résultat est prodigieux. On peut imaginer un livre ouvert sur l’arrière, d’autres diront des ailes de mouettes avec de véritables yeux tant la forme des phares est ovoïde. On note également une puissance élevée avec plus de 350 chevaux. Chevrolet s’accapare le marché américain en 1961 et décroche le top des ventes mondiales en 1962 : plus de 2 millions de voitures écoulées. Le nouveau design de la Bel Air revu entièrement est moins affriolant mais propose toujours un style alléchant avec des arêtes latérales se rejoignant en un V au niveau de l’arrière. Toujours dans la course aux chevaux, la motorisation Chevy se permet une augmentation de cylindrée passant à 409 ci (plus de 6700cm3) la propulsant à 425ch en 1964. Une sixième génération nait en 1965, année de tous les records pour Chevrolet avec 2,5 millions de voitures adjugées. Une refonte globale a lieu ; on utilise la plate-forme B de Général Motors, un powerpack améliore les performances motrices. L’introduction de la Caprice dans la gamme en 1966 et l’Impala quelques années avant décoteront la Bel Air qui finira même pour son ultime génération entre 1970 et 1975 à la mettre en début de registre : la princesse transformée en servante… On retiendra l’onde de choc créée par ce phénomène qui restera dans les mémoires.