Chevrolet Corvair Monza : l’origine de l’expansion des sportives


Image de chevrolet corvair

Si la Corvette dès 1953 est reine de la catégorie Grand Tourisme chez Chevrolet, c’est la Corvair et spécialement la Monza qui à partir de 1960 démocratise le genre sportif. Corvair résulte en sa dénomination d’un amalgame de Corvette et Bel Air ; quant à Monza, c’est à juste égard, qu’elle emprunte le nom du célèbre circuit italien près de Milan. Elle est pionnière dans l’industrialisation américaine d’un moteur à l’arrière, même si la Tucker 48 proposait déjà cette particularité (seulement 50 produites).

Novatrice dans le segment des compactes, la Corvair est quasi intégralement conçue en aluminium. Elle est dotée d’un moteur en ligne (Flat 6 cylindres) refroidi par air, en option le super Turbo Air développant 96 chevaux (contre les 85 standards). La Corvair adopte une boite de vitesse raccourcie de part la disposition de ce dernier. La suspension est également innovante : indépendante sur les quatre roues, la quadri-flex est unique en son genre. Elle intègre des triangles et des ressorts hélicoïdaux à l’avant, la transmission à l’arrière est imbriquée dans l’essieu, les ressorts du nouvel arbre à cames sont oscillants et doubles.

La série Monza qui se présente tard dans cette année 1960, épargne un début laborieux de la Corvair. La production est remarquable (près de 12000) expliquée par un coût restant peu élevé (2200 $). Une autre raison découle de la presse qui fait l’éloge de cette Corvair et l’élit voiture de l’année. Toute la gamme s’en voit ravi et les ventes décollent. Avec respectivement 140000 et 200000 en 1961-1962, la croissance est exponentielle pour les Monzas. L’ajout en 1962 d’un cabriolet (spyder) dans la gamme déjà vaste (Pick-up, break, berline, coupé, van) joue son rôle, on atteint l’apogée des ventes.

La turbo compression s’invite dans l’univers de la voiture américaine et démontre ses atouts face au classique suppresseur : encombrement, silence, coût, économie et bien sûr la puissance qui est décuplée et passe à 150 chevaux. Le couple suit et s’accapare 285 Nm à 3200 tr / min. Le package spyder à moins de 320 $ ne s’arrête pas sous le capot, l’échappement optimise une belle sonorité et des emblèmes turbo ravissent la carrosserie. L’habitacle troque également l’instrumentation standard pour des compteurs rehaussés dans un panneau en aluminium brossé. Le logo turbo sur le klaxon fait son effet. Entre 1962 et 1964, environ 30000 spyders sont conçus.

En 1964, la motorisation standard gagne légèrement : on atteint les 110 chevaux mais le volume des ventes baisse ostensiblement obligeant une refonte de l’ensemble et donc la naissance d’une seconde génération l’année suivante. La Corvair se métamorphose : sa nouvelle plateforme Fisher Z avec suspension plus performante, ses lignes plus affinées, son tableau de bord allant jusque 140 mph, son système de freinage plus acéré font d’elle une voiture désirée. Le modèle Corsa détrône le Monza en s’accaparant le top du sportif avec son moteur de 180 chevaux en option (140 de base) et les garnitures et logos appropriés.

En 1966 une garantie 80000 km est ajoutée mais rien n’y fera le déclin est amorcé : les ventes s’effondrent et en 1969 la ligne de production est stoppée. Avec ses 1,8 millions de voitures produites entre 1960 et 1969, la Corvair s’est tout de même remarquablement distinguée, elle a subi les foudres de la Ford Mustang à la fin de sa carrière, les efforts de Chevrolet portés davantage sur la Camaro.