Chevrolet Corvette VI, la success story continue


Image de chevrolet corvette

1997-1998 : Vers la voiture de sport parfaite Sans la voir, on découvre déjà le changement : le rugissement de la C5 est tout bonnement phénoménal. Les ingénieurs réussissent pour cette génération un tour de génie en enlevant de la résonnance structurelle. Quand la Chevy s’offre à nous, la modernité est saisissante. Bien que sa robe en composite, ses phares escamotables à l’avant et ses quatre feux ronds à l’arrière soient traditionalistes, la silhouette s’étire, s’élargit tout en perdant paradoxalement du poids. Ses lignes font aussi parler l’aérodynamisme. La proue s’abaisse un tantinet pour un plus grand dégagement de la vue tandis que la poupe agrandie, accueille une capacité de rangement doublée. Dommage de n’avoir que le coupé pour cette année 1997. Quand on soulève le capot, le V8 développe 345 chevaux à 5600 tr/min. Il est isolé du châssis expliquant la divine sonorité. La chaleur s’évacue via les écopes latérales qui sont redessinées et plus marquées. La transmission automatique 4 rapports (une option manuelle à 6 vitesses est toujours disponible) est déplacée sur le train arrière qui bénéficie d’ailleurs de nouvelles suspensions. Les évents du nez permettent un refroidissement du système de freinage (surtout les disques) pendant que ceux de l’arrière aère les tuyaux d’échappement. Les pneumatiques Goodyear de roulage plat deviennent standards, ils gagnent même en superficie à l’arrière avec leurs 18 pouces et permettent un gain de place en retirant le cric et la roue de secours. L’équilibre est le maître mot des ingénieurs qui redéfinissent l’emplacement du réservoir au devant de l’essieu arrière ; la maniabilité est accrue par des suspensions dont la géométrie est optimale, c’est toujours dans un souci de stabilité de la voiture que le transfert de la transmission se réalise. Dans cette dernière phase, l’habitacle bénéficie alors d’espaces plus larges. Redéfini par plus de grandeur et d’adaptabilité, l’intérieur reçoit en prime un confort amélioré le tout dans une meilleure clarté. Les pédales sont en aluminium et gagne un côté sportif par leurs moulages. Le bouton de démarrage regagne la planche de bord devenue totalement analogique. Le frein à main rejoint le milieu plus judicieusement. Les audiophiles sont ravis par le système BOSE en place. Pour un tarif de 37945 $, un acquéreur débourse à peine plus de 700 $ supplémentaire par rapport au coupé équivalent de l’année précédente mais  pour cette nouvelle génération, le bonheur est complet. Les quelques soucis de vibrations ou grincements de l’ancienne version sont maintenant oubliés ; avec un confort, une ergonomie, un freinage acéré et une maniabilité incroyable, la Chevy atteint la perfection. Les critiques sont également toutes élogieuses sur l’agilité et la vélocité du bolide. La Corvette V rivalise nettement sur le plan international : les Ferrari ou Porsche sont souvent reléguées. Si seulement 9752 modèles sont écoulés en 1997, l’attrait du véhicule, sa renommée sont bien présents et la suite est plus qu’encourageante. Initialement prévu, le cabriolet ne fait son grand retour qu’en 1998 et qui de plus est pourvu d’un énorme coffre pour ce type de véhicule. En effet, en conservant la capacité de chargement du coupé, la C5 cabriolet possède tout simplement le plus grand coffre du marché des cabs. Pour le toit malheureusement, une démarche manuelle est toujours obligatoire sur le haut, cependant elle est bien plus facilitée que pour la C4. Sélectionnée comme Pace-Car pour les 500 miles d’Indianapolis, le cabriolet de 1998 se décline alors en package à cette image (5039 $ l’option Réplica Pace-Car pour la peinture bleue, les jantes jaunes, l’autocollant massif et le rembourrage bicolore). La Corvette est également élue Voiture de l’année 1998 : la fabrication, la structure résistante, la maniabilité et la puissance sont mis à l’honneur ce qui a pour effet de booster les ventes. Le meilleur score est atteint en 12 ans avec 31084 modèles cédés pour un prix à la baisse : 37495 $, le cabriolet lui s’affiche à 44425 $ et représente près de 40 % du volume des ventes.1999-2001 : De l’avènement de la Hatchback à celui du Z06 Une nouvelle déclinaison de Corvette vient compléter la gamme en 1999 ; il s’agit d’un modèle 2 portes avec hayon (Hatchback) composé d’un toit rigide à encoches. Ce nouveau venu dispose de la même motorisation V8 de 5,7 L à injection séquentielle qui développe 345 chevaux. Avec sa transmission manuelle à six rapports qui est l’unique boite de vitesses disponible (mais la plus adaptée), le coupé Hardtop a le privilège de s’équiper de la fameuse suspension de performance en maniabilité (autrement en sus sur les Hatchback et cabs). A d’autres égards, certaines options ne deviennent plus accessibles (suspension, colonne de direction, pneumatiques…) ou limitées comme les coloris de carrosserie uniquement bleu, blanc, rouge, étain et les sièges noirs. Les critiques automobiles se délectent des tests réalisés ; si le toit rigide améliore les chronos du 0 à 100 km/h, la performance en pointe revient au toit type Targa qui gère mieux l’aérodynamisme. Ces juges louent avec ferveur la maniabilité sur tous les modèles due au changement de direction assistée qui est s’ajuste grâce au magnétisme. Exclus pour le coupé mais agréablement cautionnés pour les autres modèles, l’affichage personnalisable au pare-brise est révolutionnaire : repris de la technologie militaire de pointe, comme dans les avions de chasse, les données sont diffusées dans le champ de vision pour une meilleure concentration. Chevrolet remet en selle sa Corvette dans les courses automobiles ; un modèle C5-R est conçu pour l’occasion. Surboostées de 255 chevaux supplémentaires, plus larges et profilées en fibre de carbone, elles donnent du fil à retordre aux Porsche, Dodge ainsi qu’aux autres concurrentes et montent sur plusieurs podiums dès leurs réintégrations en GTS et GT2 (catégories de course). Avec cette bonne publicité, l’étendue de gamme et son mythe, les Corvette de 1999 se vendent plus facilement, 33270 modèles s’écoulent aux tarifs standards de 38777, 39171 et 45579 $ (coupé, Hatchback, cab). La cuvée de l’an 2000 signe très peu de modifications. Une nouvelle teinte  jaune dit millénaire pour l’occasion a fait son entrée et des jantes aux bâtons forgés plus étroitement. Mécaniquement, une amélioration du levier de vitesse est notable et les suspensions sont revues avec des barres stabilisatrices additionnelles offrant une tenue de route idéale. C’est côté championnat que les efforts se mobilisent le plus : la motorisation évolue au V8 de 7 litres de cylindrée gagnant par là-même 20 chevaux ce qui lui permet de s’octroyer la victoire dans les American Series au Mans (aussi 3ème et 4ème places aux 24h dans sa catégorie). Des ventes tout aussi honorables ponctuent ce passage au nouveau millénaire : en petite augmentation, 33659 unités sortent des chaines de montage pour des prix allant de 38900 $ à 45900 $. Après quatre années de conservatisme en motorisation, Chevrolet nous gratifie d’une évolution remarquable. Si le standard V8 de 5,7 L  reste en position, il gagne néanmoins 5 chevaux pour en afficher 350 au total et une version à 385 ch. nommée Z06 en référence au package course de 1963 enrichit la gamme. Ce résultat est obtenu par nombres d’améliorations frappantes : d’abord un contrôle de la pression est plus adapté, le système d’arrivée d’huile devient plus fluide, ensuite l’arbre à cames est plus incisif et la gestion de l’air s’avère renforcée par l’introduction d’un nouveau collecteur d’admission. S’ajoutent enfin l’injection plus imposante pour convenir au volume d’air plus imposant et les ressorts de soupapes plus coriaces. L’échappement est revu en titane afin d’alléger le système et soulager la contre-pression des gaz. Le rapport poids/puissance de la Z06 fait de cette Corvette la plus rapide jamais sortie des chaines de production Chevrolet. Une nouvelle légende s’inscrit. Le coupé Z06 bénéficie aussi d’une nouvelle suspension, de grilles d’air avant, d’insignes Z06 sur les parties latérales, de nouveaux conduits de refroidissement pour le freinage  (commun avec les autres modèles), d’étriers rouges vif et d’un habitacle inédit avec planche de bord relookée, broderie sur appuie-tête et une isolation acoustique renforcée. Avec l’arrivée fracassante du Z06 au prix de 47500 $ (plus cher de 500$ que le cabriolet), les ventes de Corvette grimpent à 35537 unités dont 15681 Hatchback à 40475 $.2002-2004 : Vers la maniabilité d’exception ! Comme s’il ne faut pas s’arrêter sur un si bon chemin, le coupé Z06, Corvette la plus rapide jamais produite de série, reçoit en 2002 de nouvelles améliorations mécaniques. Les ingénieurs ont planché sur des multitudes de changements techniques : du filtre à air et capteur de débit aux légères restrictions, de l’arbre à cames reprofilé en passant par les vannes à tiges creuses, tout profite à l’ouverture des soupapes et donc à la respiration du moteur. Quelques 20 chevaux supplémentaires sont par conséquent gagnés, la puissance est menée à 405 chevaux, le couple à plus de 542 Nm à 4800 tr/min. Afin de palier au surplus de ce dernier l’embrayage est largement révisé (ressorts et plaque de bride renforcés) contribuant également à la pérennité de l’ensemble. La suspension se perfectionne aux niveaux des amortisseurs arrière pour un sensible progrès de tenue de route, l’aluminium moulé ou coulé pour la transmission prend part dans la diminution de la masse. Le freinage devient plus acéré grâce à plaquettes plus efficaces. Si la ZR-1 demeure une Corvette de légende, la Z06 la détrône pour ses performances. Du 0 à 100 km/h en moins de 4 s et le 400 m départ arrêté en 12,4 s à un peu plus de 183 km/h. En course, la C5-R s’approprie de nombreuses victoires et façonne d’autant plus la légendaire voiture de sport. De 41450 $ pour la Hatchback à 50150 $ pour le Z06 en passant par 47975 $ pour le cabriolet, la Corvette a toujours le vent en poupe et 35767 unités trouvent acquéreurs dont une nette progression des Z06 à 8297 modèles. L’année 2003 marque le demi-siècle d’existence du mythe Corvette, pour l’occasion Chevrolet pare son bolide des plus beaux atours. Un pack de 5000 $ hors Z06 comprend une robe rouge argentée, des jantes champagne et des emblèmes spéciaux du 50ème anniversaire (cependant présent aussi sur toute la cuvée). Ces logos sont repris largement dans l’habitacle : tapis, appuie tête, accoudoirs et poignées sont affublés. Le cabriolet bénéficie d’un toit spécifique propre à cette édition. Toute l’édition spéciale comprend la nouvelle suspension du groupe Général Motors employée par sa filiale de luxe Cadillac depuis 2002. Il s’agit de la « Magnetic Selective Ride Control » qui permet via une puce un ajustement indépendant des amortisseurs, il est en plus couplé au système de freinage. Tous les paramètres pris en compte, le contrôle du mouvement du corps est maximal, la tenue de route est la plus juste possible même à haute allure, les défauts de la route sont effacés. Sur le tableau de bord, le mode « sport » définit d’autres perspectives et règle la suspension pour un autre confort de conduite mais plutôt sur piste. 11632 modèles seront finalement conçus pour cette commémoration. Sur le reste de la gamme, les changements sont inexistants, mais beaucoup des options de 2002 deviennent standard justifiant un peu la hausse des tarifs : 43895 $ pour le Hatchback, 50370 $ pour le cabriolet et 51155 $ pour la Z06. Les ventes se confortent doucement à 36026 unités. Pour la dernière année de cette cinquième génération, une version inédite bleue vive avec des stries argentées et des emblèmes spécifiques (drapeaux à damier entrecroisés avec 24H du Mans) voit le jour, elle est dite « Le Mans ». Elle comprend également des jantes en alliage poli et un habitacle customisé. C’est un bel hommage aux prouesses en course puisque Chevrolet s’attribue pour la troisième fois le triomphe de meilleur constructeur dans la catégorie GTS des 24H du Mans. La C5-R rafle simplement toutes les victoires en championnat cette année 2004. Cette édition commémorative est disponible également sur la Z06 mais plus spéciale encore, le capot est en fibre de carbone, des jantes « 24h Le Mans » et une amélioration des amortisseurs rendant la direction au top. Le cru 2004 de Z06 est l’aboutissement d’une cinquième génération qui fascine, la Corvette est le symbole de maniabilité et de puissance dans un corps de rêve. La moyenne des ventes de cette génération est tout simplement incroyable pour cette période et dans cette catégorie de voiture de sport onéreuse : 34000 véhicules/an.