La Chevrolet El Camino trace son chemin, un nom de bon augure


Image de chevrolet el camino

Jaloux du succès du Ford Ranchero, General Motors se lance à son tour dans le prototype de voiture-camion. On se sert de la plate-forme de l'Impala et le tour est joué, El Camino nait en 1959 avec mine de rien deux années de retard sur l'instigateur. Les fonctionnalités mélangées au style font bonne recette : on garde la touche farouche si réussie de l'Impala entre l'avant, les ailes, les yeux de chats servant de phares et on y ajoute une caisse aux capacités impressionnantes. Celles-ci ravissent rapidement commerçants, agriculteurs, entrepreneurs... La voiture américaine aménagée, c'est l'apparition du pick-up dans toute sa splendeur même si l'histoire en 1936 a voulu un précurseur coupé Chevrolet qui était équipé d'une caisse. La production du El Camino est plus dense, plus de 22000 unités sortent des usines la première année. Son succès est non seulement l'œuvre des stylistes de l'Impala mais également celle des ingénieurs moteurs de chez Chevrolet qui se sont appliqués à lui ajuster des motorisations de génie. En effet, le panel de moulins est édifiant, le client a un choix selon son budget allant du simple six cylindres en ligne au puissant V8 de 315 chevaux. Le pick-up aux muscles, certains hot-roders ne se sont pas trompés sur la marchandise, quand le big block est de rigueur, le El Camino 1959 fait fureur. L'année suivante est plus décevante, à peine 15000 unités, la production est limitée et s'arrête à la fin de l'année 1960 malgré les quelques modifications apportées. Il faut attendre quatre longue années pour voir apparaître de nouveau la désignation El Camino puisque c'est en 1964 qu'il revient sur la plate-forme cette fois-ci de la Chevrolet Chevelle. L'âme est ravivée et de la plus belle manière, les ingrédients d'une motorisation performante dans une taille intermédiaire vont faire du El Camino un winner des ventes. Il dépasse son concurrent Ranchero haut la main et avec plus de 32000 acquisitions par d'heureux propriétaires. A l'identique de l'original dans sa conception intégrée de l'ensemble corps-cabine-caisse, l' El Camino 2ème génération agrandit légèrement sa capacité de stockage. Les suspensions sont le nec plus ultra de l'époque et de série sur le pick-up. Pour la motorisation, c'est à partir de 1966 qu'elle prend son ampleur : le must plus de 350 chevaux avec le V8 de 6500 cm3 de 6.5 litres. On appose la signature sur la nouvelle calandre, El Camino porte fièrement son nom. Domination nette du marché entre 1964 et 1967, l'El Camino subit de nouvelles transformations à partir de 1968 : un peu plus longue, capot étiré, lunette arrière reculée, emblème SS396 encadré de noir pour le modèle super sport, pneus larges. Les changements ne s'arrête pas à l'esthétisme, la mécanique est encore améliorée et se trouve à disposition un big big block : V8 de 7,4 litres cylindrée plus de 7400 cm3 envoyant les chevaux par troupeaux de 450. Ces versions sérieusement boostées demeurent jusqu'au début des années 70, les restrictions de l'Etat freinent très rapidement les big block, en 1972, la dernière année de la troisième génération, les moteurs perdent lourdement leur puissance. Le style demeure intact, on garde la flamboyante allure qui lui vaut son succès. Par chance, le déclin de style n'est pas si flagrant avec le passage fin d'année 70, début 1980, les nouvelles générations apportent de belles prestations. Pour les puristes, les seuls vrais uniques modèles demeureront toujours ceux des années 60, la dernière production d'El Camino se réalise en 1987 et achève la vie mouvementée du pick-up Chevrolet, on retrouvera un peu plus tard Silverado et Colorado qui sont les actuelles déclinaisons.