Chrysler Impérial VI (1949-1954), une génération luxueuse qui débouche sur une désignation propre


Image de chrysler imperial

La Chrysler Imperial commence son bonhomme de chemin au milieu des années 20 pour déjà concurrencer les divisions luxueuses de Ford et GM. Ces rivaux principaux donc Lincoln et Cadillac s’inquiètent alors de l’engouement du dernier venu dans sa débauche d’opulence. Les innovations suivent le fil des générations et s’emparent pleinement de l’Impérial. Le nom est même singé par la concurrence qui s’accapare le raffinement du nom, la guerre des Big Three est bien présente, Cadillac Impérial présente son V16 à 135 ° dans les limousines dès 1938 et fait rager Chrysler. En 1949, quand la sixième génération d’Impérial prend son envol, Chrysler prend le parti de ne produire que des berlines et des limousines (Crown Impérial) afin de mettre en évidence un peu plus le niveau de classe élitique. L’Impérial se constitue avec les meilleures pièces mécaniques du moment avec notamment le freinage novateur Ausco-Lambert puisqu’il emploie les premiers freins à disque de l’histoire. Jaguar prend le pli en 1950 et installe également ce système sur son modèle type C ; avec ses performances, le freinage à disque se démocratise très rapidement. D’un point de vue esthétique, il faut attendre Mars 1949 pour que l’Impérial modifie sa silhouette ; certes la calandre quadrillée disparaît, mais l’allure générale avec ses barres chromées horizontales et les ailes arrière proéminentes restent passéistes. La Crown Impérial reçoit un traitement de faveur : étirée et plus raffinée, elle comporte des ailes arrière plus spécifiques.  L’impérial se dote du moteur V8 de 5,3 L mais dès 1951, l’apparition du Firepower 5,4 L fait sensation avec sa fameuse chambre de combustion hémisphérique, c’est la première génération du type de cette motorisation. Cependant les ventes Chrysler ne sont pas faramineuses, c’est expliqué par des tarifs (de 3661 à 4402 $) s’affichant au dessus de ses concurrents et une carrosserie oldsyle. L’apparition d’un cabriolet en 1951 enrichit furtivement la gamme puisque Chrysler décide de l’abandonner à la fin de l’année. Produit à 650 exemplaires et peu désiré à l’époque aux vues du prix le plus cher du segment et l’apparence trop New-Yorker, ce cabriolet attire toutes les convoitises de nos jours. Un coupé voit également le jour entre 1951 et 1952 mais débloque pas non plus les ventes. A partir de 1953, débauché de Studebaker, Virgil Exner et son “Forward Look” (littéralement Regard en avant), redessine un corps plus tendance à l’Impérial. Les ailes avant, le pare-choc arrière se subliment et l’aigle sur le capot donne un fort symbôle à la voiture renommée Custom Impérial. La transparence s’affiche grâce à la prédominance du verre et de son style incurvé ; enveloppante, la lunette arrière fait aussi bénéficier l’intérieur d’une clarté plus agréable. La Custom Impérial se pare de tapisseries d’intérieur de qualité supérieure. L’habitacle pour la Crown est encore plus prestigieux : un cuir somptueux s’invite sur les sièges et le habille le toit. La transmission Powerflite débarque en 1954 ; cette boite automatique à deux rapports est une innovation. Chrysler fait toujours ses premiers pas dans le domaine du grand luxe et apporte ses meilleurs composants à l’Impérial. Cette génération test donnera une appellation Impérial distincte pour la future filiation à partir de 1955.