Pulp Fiction


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Film projeté en salles en 1994, réalisé par Quentin Tarantino et classé depuis parmi les 100 meilleurs films américains de tous les temps, Pulp Fiction met Chevrolet sous le feu des projecteurs. Les Nova et Malibu sont dignes de figurer au chef d'œuvre primé à Cannes de la Palme d'Or, titré pour sa bande originale et oscarisé pour le meilleur scénario.

Révélation d'un réalisateur de génie, Pulp Fiction s'inscrit dans une nouvelle catégorie de film avec l'imbrication des histoires, l'anti-chronologisme, les différentes visions filmées pour la même scène, une BO en osmose avec le scénario : Quentin Tarantino se hisse dans l'élite. Une ribambelle de prestigieux acteurs participent à ce melting-pot de truands, tueurs à gages, gangsters dangereux, toxicomanes ou boxeur futé : John travolta, Bruce Willis, Samuel L Jackson, Uma Thurman, Christopher Walken, Maria de Medeiros, Harvey Keitel, Rosanna Arquette et Quentin Tarantino himself dans un rôle très peu arrangeant pour ses amis.

Brutalité très apparente, réalisme saisissant, clins d'œil nombreux (le fast-food de Grease reconstitué est spectaculaire) et dialogues calibrés dans la cocasserie sont les ingrédients que Tarantino ajoute à sa recette déjà talentueuse. Quand les tueurs professionnels se baladent à bord d'un Chevrolet Nova de 1974, on est aux anges. Véritable perle noire, cette voiture américaine troisième génération est la plus réussie de toutes les versions confondues de 1962 à 1979. Elle sera maculée de sang par la maladresse de Vincent qui appuie négligemment sur la détente et tue l'unique rescapé de leur fusillade. Les deux compères se retrouvent aussi couverts de cervelle et d'hémoglobine. Après maquillage la Nova est emmenée au purgatoire.

Apparaît également une Chevy Malibu convertible de 1964 lors des scènes avec Vincent et la femme de Marsellus, la sulfureuse cocaïnomane Mia; d'un rouge sang, la robe de la belle voiture renforce le charme des inconnus qui partagent tant d'émotions périlleuses : entre une victoire dans un concours de twist mémorable au Jack Rabbit Slim's et une overdose tout juste évitée par une piqûre d'adrénaline chez le dealer même, on est servi par l'inattendu. La pauvre Chevy qui appartenait d'ailleurs à Tarentino sera volée pendant le tournage et ne sera jamais retrouvée, peut-être un fan trop hystérique !

Un budget de 8 millions de dollars très vite amorti, Pulp Fiction est la référence en matière de films où les histoires s'entrelacent, où flashbacks et flashforwards sont prédominants. Des personnages morts résucitent par ce procédé d'anticipation qui ne dénature en aucun point le suspense. Véritable film rock'n'roll où la bande originale corrobore parfaitement, du bon rock des années 60-70. Dick Dale a connu la gloire avec Misirlou, Pulp Fiction lui confère une deuxième consécration 32 ans après l'origininal qui a inspiré Beach Boys et nombreux groupes fan de surf rock.

Les voitures américaines avec Tarantino ont une histoire particulière. Dans Reservoir Dogs, son film précédent, le même modèle de Chevrolet Nova est déjà utilisée par Mister White après le hold-up. On la retrouvera d'ailleurs dans Boulevard de la mort sorti plus récemment Près de 3 millions d'entrées en France, Pulp Fiction qui tient son appellation des magazines d'un comique extravagant très répandus aux States qui étaient souvent mal compilés (d'où l'anti-chronologie) sur du papelard de mauvaise qualité n'a pas perdu une rides, chaque seconde a une saveur jouissive avec un cynisme désopilant à tout bout de champ. A voir et revoir et revoir et ...