Cuba vers un déclin du paradis de la voiture américaine


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Certes les Caraïbes sont réputées pour leurs plages, leurs rhums et leurs fruits tropicaux ; cependant Cuba, la plus vaste de ses îles aussi renommée pour ses cigares de luxe, a su malgré elle, développer un autre attrait considérable puisque on dénombre encore à ce jour plus de 200000 anciennes voitures américaines dans le paysage.

Remontons le temps afin de comprendre ce qui fait de Cuba la destination privilégiée des fanatiques de belles carrosseries : la naissance de l’état de Cuba et de son indépendance a lieu en 1902 après le retrait des américains qui avaient chassés quelques années auparavant les espagnols. L’influx des Etats-Unis va perdurer de part leur investissements et Cuba axe principalement son commerce extérieur vers cette nation proche (moins de 100km des côtes de la Floride). Début 1962, suite à l’évincement de nombreuses sociétés américaines, un embargo est adopté, obligeant les cubains à survivre sans importations. Les dernières voitures importées datent d’avant 1962 et donc bien entendu le parc des années 40 et 50 est le plus représenté.

Outre la beauté indiscutable, la fiabilité et la robustesse de la mécanique américaine sont encore amplement démontrées : faire perdurer plus de soixante années ces voitures c’est un phénomène. Cette longévité rime aussi avec le cœur et le ménagement apportés par les cubains : leur immense sollicitude pour ces voitures est renforcée par le gel des importations. Impossible de faire autrement que de prendre soin de sa voiture si on veut rouler et longtemps !

Les puristes vont un peu grincer des dents s’ils ouvrent quelques capots puisque même les pièces ne pouvaient être commercées. Du coup seul le système D à la Mac Gyver et les autre bidouillages avec pièces de provenances divers (domestiques, industriels, …) étaient possibles. Garagistes, mécaniciens ou autres réparateurs même en herbe avaient du fil à retordre et devaient redoubler d’ingéniosité pour remettre en état les véhicules sans pièces de rechange adéquates.

Le problème s’est résorbé depuis quelques années puisque l’assouplissement de l’embargo commencé par Bill Clinton en 1998 s’est complété par Barack Obama en 2014 avec le permis de nouveau pour les importations : les relations diplomatiques ont repris leurs cours. Les réparations sont devenues par conséquent plus aisées, certaines voitures laissées à l’abandon vont revoir le jour dans les rues de la Havane mais malheureusement aussi les nouvelles voitures importées de tous les horizons. Ces dernières vont quelque peu polluées le paysage urbain et cela ne va qu’en s’accentuant.

Oui les cubains qui ne vivaient que de leurs produits locaux ont vu leur niveau de vie s’améliorer mais au détriment de leur eldorado touristique qui fait de Cuba la plus belle des galeries à ciel ouvert : De Soto, Cadillac, Oldsmobile, Pontiac… se dévoilent tous les jours dans leurs plus jolies robes. Restons optimistes, d’une part les anciennes voitures américaines sont classées au patrimoine cubain il est interdit de les faire sortir du pays ; d’autre part il y a toujours une possibilité de les louer faisant un attrait non des moindre et finalement le charme des taxis perdura encore longtemps. Après optons pour que le gouvernement cubain limite le flux des importations dans ce domaine particulier au titre de conservation de l’héritage mais pour profiter au mieux de cette île partir au plus vite est conseiller en évitant bien évidemment les périodes de fortes pluies récurrentes.