La voiture américaine la plus mythique de tous les temps : la Mustang Fastback de 1967


Image de ford mustang

Le premier pony-car né du génie de Lee Iacocca en 1964 est métamorphosé trois années plus tard pour engendrer la légende. La Ford Mustang Fastback est cette année douée d'une agressivité hors normes,  60 secondes chrono va mettre cette voiture américaine au sommet de l'affiche et rendre hommage à ce modèle historique.

Les modifications apportées à la Ford Mustang en 1967 vont s'avérer d'une ingéniosité exemplaire : tant d'un point de vue stylistique que "motoristiquement", elle arbore une fougue ahurissante. Esthétiquement, le gabarit s'accroît, rendant la calandre plus massive et les nouveaux optiques avants dégagent toute leur hargne. Quand s'estompe la hâte une fois le capot ouvert, on peut découvrir nombre de motorisations, cinq au total mais c'est le moteur Z de 390 ci, un V8 développant 320 chevaux à 4600 tr/min qui retiendra le plus l'attention. Nommé Four Barrel, ce moteur est doté d'un carburateur Holley double corps et offre de bonnes accélérations pour un prix étonnamment plus attractif que le 289 ci standard.

Pour une production de 71042 unités au prix de 2592 dollars, les coupés Fastback de 1967 redonnent une longueur d'avance à Ford avec l'arrivée des Chevrolet Camaro. Carroll Shelby, qui a déjà réalisé une version de Mustang (GT350) plus qu'élogieuse en compétition se lance alors dans l'aboutissement de cette Fastback 1967 : la GT 500 est née. De production très limitée, sa motorisation est boostée par le fameux Police Interceptor de 7 litres de cylindrée. La puissance et le couple sont surélevés, le pony-car de concept redevient muscle-car dans toute son intensité : on passe facilement des 320 aux formels 355 chevaux mais qui pouvaient allègrement atteindre les 400 voir 450 chevaux sur quelques unités. Les deux carburateurs quadruple corps sont nécessaires pour parfaire ce bijou qu'il faut davantage prendre en version boite automatique trois rapports.

Côté lignes, la Fastback 1967 subit de remarquables modifications pour parvenir au résultat de la Shelby GT 500. La grande sœur de la GT350 est pourvue de deux écopes d'air sur le capot allongé. D'autres entrées sont aménagées sur les flancs arrières ainsi que sur le panneau de custode. Les ailes sont quelque peu gonflées, des projecteurs longue portée sont installés à l'avant non loin de l'emblématique cobra. La poupe quant à elle change radicalement. Troquant d'une part ses deux rangées de trois phares à bâtons contre deux phares tout en longueur repris de la Cougar, elle reçoit d'autre part un becquet : l'aérodynamisme est encore amélioré avec cet aileron permettant de dépasser les 220 km/h cette année 67!

Le cinéma va accroître la notoriété des Mustang : Bullitt en 1968 accentue la popularité déjà flagrante de la Fastback mais c'est surtout 60 secondes chrono qui rend hommage à la Shelby GT500 de 1967. Personnalisée par le doux nom d'Eléanor, le spectateur est tout de même dupé par la marchandise, c'est aussi compréhensible. En effet, malgré le budget conséquent de cette superproduction américaine, il était impossible de se procurer ces modèles en plusieurs exemplaires (il en a fallu douze pour la réalisation) et les détruire négligemment au prix inconsidérable de leurs raretés et de leurs estimations. Plus d'un collectionneur ou passionné aurait vu rouge devant ce carnage. L'heureuse supercherie est réalisée à l'aide du préparateur Chip Foose qui, sur une base de Mustang Fastback, ajoute kit carrosserie, peinture inédite et les bandes à la Shelby. Celui-ci va d'ailleurs signer cette série permettant l'homologation GT 500 et attribuer un moteur loin de l'origine : développant près de 700 chevaux, son V8 Super Snake est pourvu d'un NOS explosif.

Le modèle Fastback 1967 restera inconditionnellement le plus populaire de tous les temps, une production d'Eleanor au compte goutte se réalise. Cette Shelby GT500 remaniée au goût du jour sur cette légendaire base Mustang a un prix sans nul doute que fans et passionnés seront prêt à dépenser quand bien même les sacrifices. Il faudra compter 80000 euros au bas mot pour s'envoler au 150000 euros dans les versions les plus évoluées et sans compter les frais d'importation pour les européens ; à bon entendeur, le rêve vaut une maison!