Ford Torino, une voiture américaine toujours d'actualité


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C'est Clint Eastwood qui rend un des plus beaux hommages à la voiture familiale qui a vu le jour en 1968. D'abord considéré comme sous famille de la Fairlane, le nom Torino, reprenant la célèbre ville italienne prend du grade. Il va jusque éliminer l'appellation GT de la gamme, seule la première lettre G, un digne qualificatif va rester à partir de 1972 ; au lieu de rester Ford Torino Gran Tourismo, on attribue la dénomination Gran Torino d'où le film va axer une partie de son intrigue.

La Ford Motor Compagny consacre de gros espoirs en lançant le modèle haut de gamme Torino, elle veut supplanter à terme sa vieillissante Fairlane. L'incorporation du toit Fastback a un impact majeur, cela lu confère un esprit beaucoup plus sportif d'où l'appellation Sportsroof attribuée par l'enseigne. L'introduction de la Torino se fait sous le signe de la puissance et du confort. Les années phares des Big Block permette un 390 pouces cubes, ce V8 développe pas moins de 335 chevaux.

Le fameux Cobra Jet de 7 litres apparait quant à lui tel un poisson d'Avril ; le carburateur quadruple corps, les poussoirs hydrauliques donne la puissance à l'état ultime (390 chevaux) et quand on la couple à une transmission Hurst, la voiture est propulsée en haut de l'affiche des ventes : plus de 100000 unités sont produites pour la première année. L'habitacle contribue également fortement à la réussite commerciale, confort et style sont au rendez-vous.

Légèrement modifiée pour l'année 69, la Ford Torino peut se vanter de deux nouveaux Cobra. Cela lui vaut de concourir en NASCAR et donner du fil à retordre pour ses concurrentes notamment la Plymouth Road Runner, on lui prête d'ailleurs un nouveau nom : la Torino Talladega. L'intérieur est brut : une banquette noire et dépourvu d'instruments de contrôle.

Voiture américaine de l'année 1970, la Ford Torino subit de magnifiques changements. Tout d'abord le titre : les roles sont inversés, la Fairlane devient sous famille de Torino. Vient ensuite l'esthétique : la proue dissimule les phares derrière une calandre sculptée avec un nez et des retraits. Le corps est plus trapu et arrondi. Les dimensions s'épanouissent donc : empattement, longueur, largeur tout est revu à la hausse au détriment d'un peu de puissance qui contraint cette année à obliger les pilotes de NASCAR de prendre le modèle 69.

Une nouvelle évolution arrive en 1972, un autre style moins décoiffant avec les restrictions mais toujours terriblement alléchant physiquement. LA fin du GT au profit de Gran Torino ; cette dernière laisse paraître des traits de bouteille de Coke, style récurrent à cette période. L'avant est complètement chamboulé : on a deux phares à alignement horizontal de chaque côté de l'imposante calandre. La poupe reçoit un magnifique et large pare-chocs intégrant de minuscules phares rectangulaires lui valant une connotation fortement appréciée. Des bandes réfléchissantes latérales sont proposées en option. Presque 500000 voitures produites pour cette année, on peut dire un triomphe pour une Torino en perte de puissance.

Jusque 1974, peu de modifications si ce n'est que dans les options, on peut désormais choisir le style Opera Window conférant un hublot arrière fixe propre au design d'époque. Popularisée avec Starsky et Hutch, le modèle 1975 rouge à bandes blanches figure au panthéon des voitures américaines de série. Une brochette de 1000 unités seulement est produite réplique du feuilleton. Non fonctionnelle au possible, les acteurs s'en plaignaient d'ailleurs, trop ballotés par une voiture lourde et tenant peu la route, elle ne répond pas non plus aux exigences d'énergie.

La Ford Torino stoppe sa production en 1976 mais laisse sa plate-forme au goût des années suivantes pour d'autres modèles. Ce n'est pas ce qu'on retiendra le plus pour cette voiture américaine ravivée fièrement par le film de Clint Eastwood pour son modèle 1972. C'est une bête à rêves, imposante, sportive et au look d'enfer, l'empreinte qu'elle a laissée est loin de s'estomper.