Oldsmobile Toronado, le spectaculaire retour de la traction avant


Image de oldsmobile toronado

Oldsmobile, qui sonne première voiture de série au début du XXème siècle, devient vite à part entière une division de Général Motors. Après être l'instigatrice de l'offre d'une transmission totalement automatique dans les années 40 (Hydramatic) ou encore du V8 à vanne aérienne en 1949 et du turbocompresseur en 1962, elle est pionnière de nouveau en réintégrant la traction avant sur sa Toronado de 1966. Après trois décennies de cet abandon pour un coming-back dans une ingénierie de pointe, la traction gagne ses véritables galons et s'offre un coupé de luxe. La Toronado remplace la Starfire et sublime dans son design impressionnant.

Le look enthousiasme le public dès les premières présentations. Sous la direction de Mitchell, le projet de développement débute une année avant avec des maquettes en argile. Il aboutit à une silhouette étirée insolite, des portes-à-faux conséquents, des passages de roues féroces et une ligne de toit sans discontinuité jusque la poupe. Les double feux de chaque côté s'escamotent comme la tendance de la fin des sixties. Les caractéristiques esthétiques de la Toronado contribuent largement au titre de voiture de l'année 1966 par Motortrend, elle arrache même une troisième place en Europe, ce que nulle voiture américaine peut prétendre.

Le programme insufflé par John Beltz dès la fin des années 50 afin de réintroduire la traction avant sur la Toronado prend forme. Les déboires rencontrés auparavant sur ce système d'entrainement sont maintenant dépassés, les années de tests ont fait le job. Le "Super Rocket" est le moteur V8 de 7L qui équipe l'Oldsmobile ; équipé d'un carburateur à 4 corps Rochester (Quadrajet), il délivre 385 ch et 644 Nm de couple. Il s'entiche d'une transmission automatique à trois rapports Turbo-Hydramatic. La Toronado se chausse de pneumatiques Firestone inédits ; les dénommés TFD (Toronado Front Drive) sont conçus intégralement pour le modèle ; cependant malgré plus de rigidité, parois et bandes spécifiques s'usent rapidement. Avec également un autre désagrément de conduite, le freinage ne s'adapte pas vraiment à la puissance du moteur ; la distance d'arrêt après la vitesse maximum atteinte (217km/h) est démesurée.

Avec près de 41000 sorties d'usine en 1966, l'oldsmobile Toronado connaît une belle entrée en matière, même si loin de la Thunderbird du concurrent Ford. Deux finitions se proposent, standard et de luxe, le tarif commence à 4585 $. Les ventes chutent en 1967 (21800 unités) malgré les modifications de roues et de freinage (radiaux stoppés par disques). En 1968, le look change quelque peu : l'avant s'affine et reçoit une calandre scindée en son milieu qui cache maintenant les phares. Une nouvelle motorisation vient booster la Toronado : l'augmentation de la cylindrée passée à 7,5 L booste la Toronado qui développe maintenant 400 chevaux. Les phares deviennent visibles et le prix dépasse les 5000 $ pour la dernière année de cette première génération (1970). Elle en connaitra quatre jusqu'en 1992 mais comme souvent, l'âme et la beauté subsistent toujours mieux dans l'originelle. L'Oldsmobile Toronado I marque l'histoire de la voiture américaine et déjà une voiture de collection dès sa fin de production.