Hudson Jet, deux années loin de l’extravagance qui scellent la marque


Image de hudson jet

Dans l’industrie automobile, Hudson s’est vite fait une réputation au début des années 10. Le Super Six en 1916 est une révolution. La compagnie connaît les deux guerres et se remet doucement de l’effort apporté. A partir de 1948, Hudson se relance grâce à son style “Step-Down” où le plancher de l’habitacle se situe à l’intérieur du périmètre du cadre. En 1953, la conception de la Jet, même si reprenant cette configuration, est singulière. Elle veut confronter son style à l’exentricité de la Nash Rambler avec une excellence dans l’ingénierie.

Dévoilé à New-York à la fin de l’année 1952, le look élancé du Jet est loin des Hudson précédentes. Assez haut, étroit, le Jet, inspiré de la Fiat 1400, ne possède pas une allure attrayante, il est disproportionné. Cela en est aussi la conséquence d’un président, non à l’écoute du bureau des designers, voulant à tout prix conserver son idée de sièges hauts. Pour couronner le tout, dans un segment des plus bouchés, le Hudson Jet s’affiche plus cher qu’une berline des Big Three. Même le Super Jet, qui se veut de classe supérieure et de corps différent, aborde ces défaillances visuelles et onéreuses.

En dépit de ces aspects, le Hudson Jet a tout pour plaire : son appellation n’est pas mensongère, il est plus rapide que toutes les voitures concurrentes. La nouvelle motorisation est le facteur déclenchant : un 6 cylindres en ligne de 3,3 L qui développe 104 ch. à 400 tr/min. Le Jet profite également d’un couple intéressant de 214 Nm à 1600 tr/min. Ce moteur présente un autre avantage, il est plutôt silencieux par rapport à ses rivaux. Le Jet dispose d’autres qualités en sa faveur : une solidité à toute épreuve, pas de surabondance de chromes (sauf le Super Jet), une bonne visibilité pour conduire, une tenue de route agréable et un équipement standard digne des plus luxueux.

Pour l’époque, un habitacle n’obtient rarement autant d’attentions particulières que pour le Jet. Ce dernier reçoit une finition peignée des sièges dans une couleur bi-ton bleue ou verte selon la peinture extérieure. Le volant s’en trouve assorti. L’instrumentation est ingénieusement réunie et lumineuse. Doté d’un intérieur encore plus somptueux, le Super Jet est quant à lui disponible en 2 ou 4 portes.

Pour son deuxième cru, le Hudson Jet de 1954, gagne un médaillon sur la barre centrale nouvellement côtelée. Les changements sont minimes : quelques chromes supplémentaires en guise de garnitures surtout sur le Super Jet, une couleur rouge ajoutée et une berline 2 portes de luxe, le Jet-Liner sont ajoutés à la gamme.
Les faibles ventes de l’année 1953 (21443 unités) entrainent une perte sèche de près de 9 milions de $. En 1954, les frais d’outillage doivent presque doubler la mise puisqu’à peine 14000 Jet sortent des usines d’assemblage. Cela oblige la compagnie à la fusion avec le groupe Nash-Kelvinator, ils deviennent AMC. La désignation Hudson disparaitra en 1957.