De la Comet au Cyclone, Mercury met peu de temps a engendré un muscle-car exceptionnel


Image de mercury comet

Tout débute en 1960 ; basée sur la Ford Falcon, la Mercury Comet s'inscrit sur le segment des compactes. Elle s'affiche avec très peu d'options : il existe que quatre modèles vendus dans la gamme Comet par les concessionnaires Lincoln-Mercury. On a le choix entre le standard ou le break avec la variante deux portes ou quatre portes cependant la motorisation est unique avec le petit six cylindres de 2400 cm3 développant moins de 100 chevaux. Rien ne laisse présager le foudre de guerre que cette voiture américaine deviendrait.
Pour le style, très dure de la différencier de la défunte Edsel qui pour le coup en avait à revendre sous le capot. Reprendre un échec cuisant de la marque pour de graves défauts de finition, apposer un moteur peu puissant, la recette semble vouée elle aussi à l'insuccès et pourtant...

La trame céleste, déjà débutée avec le brio de la Meteor et la Galaxie, est quelque peu chamboulée du fait que le nom Comet soit déjà pris par une fabrique de corbillard. Ford se permet le rachat bien judicieusement.
En effet, la première année de production est faramineuse : plus de 116000 modèles vendus. Après ce lancement plus que réussi, de sérieuses modifications sont apportées : une motorisation supplémentaire est ajoutée permettant le gain de 10 chevaux supplémentaires et surtout une refonte de la calandre devenue plus plate. On garde les mêmes carénages avec l'arrière profilé (ailerons Cabanas). Pari réussi : presque 200000 unités produite en 1961.

Ses rivales principales sont beaucoup plus puissantes, la Corvair, la Tempest ou la Vaillant ont des atouts indéniables mais le terrain de prédilection de la Mercury Comet est le faible coût pour une ligne aboutie et fiable, ce qui lui vaut un triomphe absolu. Les phares arrières évoluent à partir de 1962 ; devenus ronds, ils agrémentent sublimement le nouveau panneau aluminium. Malgré que les ventes diminuent cette année, elle reste leader dans sa catégorie. Le V8 en option devient disponible sur toutes les Comet, enfin un peu de puissance, les 160 chevaux sont lancés. Une déclinaison convertible fait également de nombreux adeptes. La calandre est de nouveau re-dessinée : arborant trois bâtons verticaux au centre, elle se raffine davantage. Une nouvelle série est également lancée : il s'agit de la S-22 qui se veut résolument plus sportif. Ce modèle est présenté avec sièges garnis, Comet chromé inscrit sur l'aile avant.

C'est le Cyclone qui arrive tambour battant en 1964, variation beaucoup plus sportive de la Comet qui connait sa deuxième évolution : V8 de plus de 200 chevaux avec deux écopes d'air sur le capot. L'autre déclinaison moins puissante est la Comet Caliente cependant elle connait le plus grand succès dans la gamme. Mais revenons au plus intéressant, le Cyclone gagne encore 25 chevaux en 1965 et son esthétique est métamorphosée. Les phares avants passent en alignement vertical surélevant et profilant les ailes, la calandre en treillis disparait au profit d'une ellipse chromée où figure à l'intérieur l'inscription Comet comme sur le bas du coffre. L'arrière aussi est re-stylisé avec ses phares incrustés dans les rangées de chromes horizontaux : une ligne à couper le souffle!

Changement de cap radical en 1966 avec la troisième génération, la Comet change de catégorie, on passe de la compacte à l'intermédiaire et la ligne s'épure majestueusement. La Comet Cyclone devient un véritable muscle-car : délivrant 200 chevaux et 320 en 1967 dans un corps de rêve, on est proche de la perfection, le GT est dignement ajouté. Les doubles optiques sont mis encore plus en évidence, la calandre se scinde en deux ellipses, la ligne s'épure se reposant sur la carrosserie de type Fairlane. La poupe se modifie laissant place à une fine ellipse chromée où s'imbrique l'inscription Cyclone au milieu des deux phares. Le couple est ravageur permettant des chronos de folie : les 100 km/h sont atteints en moins de 7 secondes. Une pro-street dans la catégorie dragster est élaborée, agrémentée d'une sortie d'air qui ressemble aux cheminées d'un bateau, elle est époustouflante.

1968 est le retour de l'alignement horizontal des phares, le relookage quatrième déclinaison ne s'arrête pas là mais perd un peu de charme. Les ailes avants s'avancent laissant en retrait la calandre et les phares, l'entrée d'air se fait par une unique écope d'air centrale plus proche du pare-brise. La Cyclone développe quand même au bas mot 335 chevaux à 5200 tr/min, le nouveau V8 de plus de 7000 cm3 y est pour quelque chose. 5,5 secondes du 0 à 60 miles, un beau score! C'est le sommet de la gloire avant les restrictions des années 1970 et la tristesse de la descente stylistique et chevaline.
De 1971 à 1977, la Comet redevient compacte mais perd un peu de son bagout : le plus gros V8 ne fait même pas 5000 cm3 et développe péniblement ses 140 chevaux, snif. La ligne étrécie perd deux phares à l'avant mais garde une certaine classe, on regrette amèrement la fin des sixties. Des modèles aguicheurs de cette grande époque peuvent se dénicher à bon prix sur des sites d'enchères spécialisés, les passionnés connaissent les bonnes adresses.