Nash et son look Airflyte : l’avant-gardiste ou la baignoire ?


Image de nash airflyte

Fondée en 1916 par Charles W Nash ancien président de Général Motors, la Nash Motors Company rachète Lafayette en 1924 avant de fusionner avec une société d’appareils de cuisine Kelvinator en 1937. En découlent les premières voitures équipées de chauffage par ventilation dont sont d’ailleurs pourvus les véhicules modernes. Nils Wahlberg, ingénieur de l’entreprise depuis ses débuts, devenu vice-président en 1931, est le brillant instigateur de l’Airflyte en 1949 ; toujours captivé par les incidences des courants d’air, il voit en effet l’aérodynamisme comme le futur à apporter au design.

Non seulement les conséquences sur le confort et la conduite sont bénéfiques mais de surcroit une consommation avantageuse. Depuis quelques années, l’évolution est très lente dans ce domaine et le look Nash Airflyte va secouer les esprits par son audace. Sous l’impulsion de la nouvelle technologie très en vogue, le changement est en marche et ses bienfaits son animés dans toutes les têtes. Wahlberg, en opposition au cap traditionaliste de Nash, présente judicieusement l’Airflyte en précurseur de temps moderne. Il a l’appui du codirigeant Mason qui pense qu’avec les renflouements obtenus il est temps de se démarquer des Big Three.

En 1949 donc, le panorama automobile est bouleversé : l’Airflyte surgit avec son modèle 600 et Ambassador ; il est loin de laisser indifférent. Les adeptes louent des vertus inégalées de bien-être et de technologie abord de leur lounge-car, les détracteurs vont qualifier l’apparence de look cartoon et les plus acerbes jusqu’à baignoire. Il faut avouer dans un premier temps que la Nash Airflyte est le fruit d’un travail méticuleux et de longue haleine en soufflerie pour adapter les carénages à la plus faible résistance au vent, puis ce design tranche singulièrement avec la voiture de Monsieur Tout le monde la rendant remarquable et adulée par nombre de gens.

L’incurvation et la rondeur à son apogée, les ouvertures d’ailes démarquent franchement que ce soit à l’avant ou l’arrière. Les roues pleines et au tiers masquées par l’imposante carrosserie, l’Airflyte présente aussi un avant assez massif avec une belle calandre chromée. L’intérieur « tendance » se dit  Super Lounge, la prédominance du beige apporte la quiétude, l’Uniscope sur la colonne de direction centralise les compteurs, les sièges s’inclinent vantant les temps de repos. La capacité de rangement promise est faramineuse : plus de 226 L. La renommée ventilation rend le confort optimal. La conception de la voiture aide également à l’étouffement des bruits parasites.

Quand on soulève le capot, le moteur de la 600 et ses 82 chevaux limite fortement le véhicule mais l’aérodynamisme suffit à combler cette puissance. On peut aussi reprendre celui de l’Ambassadeur, on gagne alors 30 chevaux supplémentaires qui confèrent une vitesse plus que suffisante. Si la berline se décline en deux et quatre portes, la gamme s’étend également en trois qualifications « Super », « Super Special » et « Custom » pour un prix variant de 1786 à 2363 dollars. Pour un total de 130000 exemplaires vendus cette première année, le pari est réussi, l’investissement un succès avec ses bénéfices juteux.

En 1950, la 600 devient « Statesman » et gagne quelques chevaux passant à 85 et 115 pour l’Ambassador ; Nash s’est permis l’achat de la transmission Hydramatic du groupe GM afin de la proposer en option. Les ceintures de sécurité débarquent également même si pas obligatoires. En Avril, le Rambler rejoint la flotte Nash et inscrit un nouveau segment dans l’histoire de la voiture américaine : la compacte est créée. En 1951, les ventes se sont essoufflées après une année exceptionnelle, l’effet nouveauté est passé ; même si la calandre arbore une jolie frimousse plaisante, la mode du fastback perd de sa splendeur.
Il faudra attendre les années 80 pour retrouver un style aussi dévoué à l’aérodynamisme, le look Airflyte a marqué une génération et confère à Nash la plus belle réussite économique de son histoire.

La série Superman rend hommage à la Nash Ambassador de 1951 en attribuant à l’inspecteur de la police de Métropolis un modèle aux couleurs de sa patrouille.